Aller au contenu

Qu’est-ce que le trouble dysphorique prémenstruel, le TDPM?

Qu’est-ce que le TDPM ? Symptômes, causes, diagnostic et traitement

Le trouble dysphorique prémenstruel, ou TDPM, est un trouble de l’humeur cyclique sévère lié au cycle menstruel. Les symptômes apparaissent pendant la phase lutéale, c’est-à-dire après l’ovulation et avant les règles, puis s’améliorent généralement dans les quelques jours qui suivent le début des saignements. Le TDPM peut affecter l’humeur, l’énergie, la concentration, le sommeil, les relations et le fonctionnement au quotidien.

Contrairement au syndrome prémenstruel (SPM) classique, le TDPM n’est pas simplement un “SPM plus fort”. Il peut être suffisamment intense pour perturber le travail, les études, les relations et le bien-être mental. La bonne nouvelle, c’est que le TDPM est réel, reconnu et qu’il peut être traité.

Réponse rapide : qu’est-ce que le TDPM ?

Le TDPM est une forme sévère de trouble prémenstruel qui provoque des symptômes émotionnels et physiques intenses dans la semaine ou les deux semaines qui précèdent les règles. Les symptômes s’améliorent généralement peu après le début des règles et sont minimes, voire absents, dans la semaine qui suit.

Le TDPM comprend souvent :

  • une irritabilité intense ou de la colère
  • une humeur dépressive ou un sentiment de désespoir
  • de l’anxiété ou la sensation d’être à bout
  • des sautes d’humeur soudaines ou une forte tendance à pleurer
  • de la fatigue et un manque d’énergie
  • des difficultés de concentration ou un brouillard mental
  • des changements du sommeil
  • des changements d’appétit ou des envies alimentaires
  • des ballonnements, une sensibilité des seins, des maux de tête ou des douleurs corporelles

L’indice le plus important, c’est le timing. Le TDPM suit un schéma mensuel lié à l’ovulation et aux règles.

TDPM vs SPM : quelle est la différence ?

Le SPM et le TDPM surviennent tous les deux avant les règles, mais le TDPM est plus sévère et plus perturbant. Le SPM peut provoquer un certain inconfort, des variations d’humeur, des ballonnements ou de la fatigue. Le TDPM, lui, peut entraîner des symptômes émotionnels bien plus intenses et un impact beaucoup plus marqué sur la vie quotidienne.

Voici quelques signes qui peuvent faire penser davantage à un TDPM qu’à un SPM :

  • les symptômes semblent sévères, et pas seulement gênants
  • les symptômes liés à l’humeur occupent une place importante
  • le travail, les études, la charge mentale, le rôle d’aidante ou les relations sont clairement affectés
  • les symptômes s’améliorent après le début des règles et ne sont pas présents tout le mois

Si vous souhaitez une vue plus large des symptômes prémenstruels, vous pouvez lire ce qu’est le SPM.

Quand apparaissent les symptômes du TDPM ?

Les symptômes du TDPM commencent généralement après l’ovulation, pendant la phase lutéale du cycle menstruel. Pour beaucoup de personnes, cela signifie qu’ils commencent environ 5 à 14 jours avant les règles, s’intensifient à mesure que les règles approchent, puis s’améliorent dans les quelques jours suivant le début des saignements.

Un schéma typique du TDPM ressemble à ceci :

  • les symptômes apparaissent dans la partie prémenstruelle du cycle
  • les symptômes s’améliorent lorsque les règles commencent ou peu après
  • les symptômes sont nettement plus légers, voire absents, dans la semaine suivant les règles

Si les symptômes sont sévères tout au long du mois, au lieu de suivre un schéma clairement cyclique, il peut être utile d’explorer la différence entre PME et TDPM ou d’autres troubles qui peuvent se chevaucher.

Symptômes fréquents du TDPM

Le TDPM inclut à la fois des symptômes émotionnels et des symptômes physiques. Pour répondre aux critères diagnostiques, au moins cinq symptômes doivent être présents, dont au moins un symptôme majeur lié à l’humeur.

Symptômes émotionnels et comportementaux

  • des sautes d’humeur marquées ou une tristesse soudaine
  • une irritabilité sévère, de la colère ou des conflits avec les autres
  • une humeur dépressive, du désespoir ou le sentiment d’être dépassée
  • de l’anxiété, de la tension ou la sensation d’être constamment à cran
  • une baisse d’intérêt pour les activités habituelles
  • des difficultés à se concentrer
  • un manque d’énergie ou une fatigue intense
  • dormir trop ou ne pas réussir à dormir
  • le sentiment de perdre le contrôle

Symptômes physiques

  • ballonnements
  • sensibilité ou gonflement des seins
  • maux de tête
  • douleurs articulaires ou musculaires
  • changements d’appétit ou envies alimentaires
  • prise de poids temporaire liée à la rétention d’eau

Pour un aperçu plus détaillé, lisez notre page consacrée aux symptômes du TDPM. Vous apprenez mieux en vidéo ? Voici une courte vidéo qui explique le TDPM de manière simple et utile.

Qui peut être concernée par le TDPM et quels facteurs peuvent augmenter le risque ?

Le TDPM peut toucher les personnes qui ovulent et qui ont leurs règles, le plus souvent pendant les années de fertilité. Les symptômes peuvent commencer à l’adolescence, se poursuivre à l’âge adulte et parfois évoluer à l’approche de la périménopause.

Certains facteurs peuvent augmenter le risque de TDPM ou rendre les symptômes plus difficiles à gérer, notamment :

  • des antécédents personnels de dépression ou d’anxiété
  • des antécédents de traumatisme
  • des antécédents familiaux de troubles de l’humeur liés au cycle
  • un niveau de stress élevé

Avoir des facteurs de risque ne signifie pas que le TDPM est “de votre faute”. Cela aide simplement à comprendre pourquoi certaines personnes peuvent être plus vulnérables.

Quelles sont les causes du TDPM ?

Le TDPM ne semble pas être causé par des niveaux hormonaux “anormaux”. Les recherches actuelles suggèrent plutôt que les personnes atteintes de TDPM peuvent être plus sensibles aux variations hormonales normales qui se produisent au cours du cycle menstruel, en particulier après l’ovulation.

Des hormones comme les œstrogènes et la progestérone, ainsi que des systèmes cérébraux impliqués dans la régulation de l’humeur, notamment les voies liées à la sérotonine et au GABA, pourraient jouer un rôle. C’est pourquoi le TDPM peut affecter en même temps l’humeur, les fonctions cognitives et les symptômes physiques.

Vous pouvez en apprendre davantage dans notre guide plus détaillé sur les causes du TDPM et les facteurs de risque.

Comment le TDPM est-il diagnostiqué ?

Il n’existe pas de prise de sang unique permettant de diagnostiquer le TDPM. Le diagnostic repose sur le schéma des symptômes, leur moment d’apparition, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne.

Un professionnel de santé recherchera généralement :

  • au moins cinq symptômes
  • au moins un symptôme majeur lié à l’humeur
  • un schéma prémenstruel répété
  • une amélioration nette après le début des règles
  • une perturbation importante du fonctionnement quotidien

L’étape la plus importante est le suivi quotidien des symptômes pendant au moins deux cycles. C’est pourquoi le tracking est essentiel, à la fois pour poser le diagnostic et pour choisir le traitement le plus adapté.

Pour comprendre tout le processus, lisez comment obtenir un diagnostic de TDPM. Si vous êtes encore en train de vous demander si le TDPM pourrait correspondre à ce que vous vivez, commencez par notre guide des signes les plus clairs du TDPM ou faites le quiz d’auto-évaluation du TDPM.

Et si c’était autre chose ?

Le TDPM peut se chevaucher avec d’autres troubles, c’est pourquoi le timing est si important.

Il peut être utile d’examiner la situation de plus près si :

  • les symptômes sont importants tout au long du mois, et pas surtout avant les règles
  • vous avez déjà une dépression, de l’anxiété, un trouble bipolaire, un TDAH ou une autre affection qui semble s’aggraver avant les règles
  • le schéma n’est pas clairement lié à l’ovulation et aux règles
  • les symptômes ne s’améliorent pas après le début des règles
  • les symptômes physiques dominent et orientent plutôt vers un autre problème gynécologique ou médical

Dans certains cas, les symptômes peuvent davantage correspondre à une PME (exacerbation prémenstruelle) qu’à un TDPM.

Le TDPM peut-il être traité ?

Oui, et la prise en charge fondée sur les preuves du TDPM repose généralement sur une approche multimodale. Les options de traitement incluent :

Médicaments

Mesures liées au mode de vie

  • Activité physique : Une activité physique régulière a montré des bénéfices sur les symptômes prémenstruels12. Les spécialistes la recommandent comme approche complémentaire de première intention pour les troubles prémenstruels13. Comme l’exercice est bénéfique pour la santé globale, il peut aussi probablement aider en cas de TDPM. Les recommandations de l’ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologists) soutiennent une activité physique régulière pour aider à gérer les symptômes émotionnels et physiques prémenstruels14.
  • Alimentation : Le fait d’adopter une alimentation équilibrée semble aussi pouvoir moduler les symptômes prémenstruels15. Selon l’ACOG, davantage d’études restent nécessaires sur les approches alternatives du TDPM.

Psychothérapie

Si vous pensez souffrir de TDPM, parlez-en à un professionnel de santé. Il pourra vous aider à construire un plan de traitement adapté à votre situation. N’essayez pas de vous auto-prescrire des médicaments, car ils peuvent avoir des effets secondaires importants.

Suivi et planification

Comme le TDPM est cyclique, suivre vos symptômes peut vous aider à mieux anticiper les jours les plus difficiles, à repérer des schémas et à mieux communiquer avec les professionnels de santé et vos proches. Notre outil de suivi des symptômes du TDPM explique comment cela peut vous aider.

Pour un aperçu plus complet des traitements, consultez notre guide des options de traitement du TDPM.

Quand faut-il demander une aide urgente ?

Demandez une aide urgente immédiatement si vous avez des pensées suicidaires, si vous ne vous sentez pas en sécurité ou si vous pensez pouvoir passer à l’acte. Le TDPM peut être sévère, et vous méritez un soutien immédiat lorsque les symptômes deviennent dangereux.

L’essentiel à retenir

Le TDPM est un trouble prémenstruel réel, reconnu et traitable. Il va bien au-delà du SPM classique et peut avoir un impact majeur sur l’humeur, le fonctionnement quotidien, les relations et la qualité de vie. Les indices les plus parlants sont le timing, l’intensité des symptômes et leur retentissement sur la vie de tous les jours. Si ce schéma vous semble familier, suivre vos symptômes et en parler avec un professionnel de santé sont deux excellentes prochaines étapes.

FAQ

Qu’est-ce que le TDPM, simplement ?

Le TDPM est un trouble prémenstruel sévère qui provoque des symptômes émotionnels et physiques intenses avant les règles. Il est lié au cycle menstruel et s’améliore généralement peu après le début des règles.

Quelle est la différence entre le TDPM et le SPM ?

La plus grande différence réside dans la sévérité et l’impact. Le TDPM provoque des symptômes de l’humeur plus intenses et perturbe beaucoup plus souvent le travail, les relations et la vie quotidienne.

Quand commencent les symptômes du TDPM ?

Les symptômes du TDPM commencent généralement après l’ovulation, souvent 5 à 14 jours avant les règles, puis s’améliorent quand les règles commencent ou peu après.

Comment les médecins diagnostiquent-ils le TDPM ?

Les médecins diagnostiquent le TDPM à partir du moment où les symptômes apparaissent, de leur intensité et d’un suivi quotidien sur au moins deux cycles. Il n’existe pas de prise de sang unique qui confirme le diagnostic.

Le TDPM peut-il être traité ?

Oui. Le traitement peut inclure des ISRS, des options hormonales, la TCC et un accompagnement au niveau du mode de vie. Beaucoup de personnes bénéficient d’une combinaison de plusieurs approches.

Est-ce que cela pourrait être une PME plutôt qu’un TDPM ?

C’est possible. La PME signifie qu’un trouble déjà existant, comme la dépression ou l’anxiété, s’aggrave avant les règles. Le TDPM est, lui, un trouble cyclique à part entière. Le suivi des symptômes aide à faire la différence.

Références